Voyage dernière partie : Cusco et Puno

Après notre visite du Machu Picchu, nous retournons loger à Cusco. La pluie et les orages sont toujours fréquents, mais un des rares jours de beau temps nous permet de visiter les ruines de Sacsayhuaman sous le soleil. Des énormes blocs de pierre ajustés entre eux au millimètre, certains pesant plusieurs centaines de tonnes… et un grand mystère quant à la méthode employée pour les assembler. Peut-être que la potion magique de Panoramix est passée par là ?

imgp1473
Vue d’ensemble de Sacsayhuaman
imgp1530
Ça c’est du puzzle grand format !

imgp1535

Nous trouvons également un toboggan Inca dans la zone d’extraction des pierres. Pas très sécurisé mais bien glissant, je vous laisse juger :

imgp1513

imgp1521
Un alpaga-serpillère rencontré en route, ou plus officiellement alapaga « suri »
imgp1426
Une ruelle de Cusco : il faut aimer les escaliers dans cette ville

Malheureusement pour nous, l’éclaircie n’était que de courte durée, et c’est sous un temps très couvert que vous visitons les ruines de Pisac. Pour les amateurs de terrasses agricoles, il y a de quoi faire ! Le site est très étendu avec encore des marches inégales partout. Je pense que nous avons eu notre dose d’escaliers pour le reste de l’année !

imgp1553imgp1558

imgp1585
Le temple du soleil du site de Pisac
imgp1588
C’est un peu comme le Machu Picchu mais en version réduite
imgp1574
Fleurs de cactus
imgp1610
Le chemin pour redescendre du site : gare à la chute !

Pour notre dernier jour à Cusco, le soleil ne voulant pas revenir, nous avons décidé de faire un tour au sanctuaire animal Cotahuasi. C’est un refuge pour les animaux blessés ou sauvés du traffic illégal. Quand c’est possible ils sont ensuite réintroduits dans la nature, à condition qu’ils aient eu le temps d’apprendre à se débrouiller seuls. Nous pouvons donc observer de près les animaux locaux : un ours à lunettes, des vigognes, des lamas et des alpagas bien sûr (mais là rien d’exceptionnel), des faucons, des condors, des perroquets… et même un puma ! En photos c’est tout de suite mieux :

imgp1619
Un jeune ours à lunettes
imgp1620
Le même en pleine action
imgp1621
Si vous vous demandiez à quoi ressemble un accouplement de lamas… (je fais mon travail de documentation jusqu’au bout !)
imgp1627
Ça vous reconnaissez je pense…
imgp1634
Un joli faucon !
imgp1635
Des beaux canards dont j’ai oublié le nom…
imgp1636
LE puma, à force d’en voir des représentations partout, il fallait bien en voir un vrai !
imgp1641
Le condor : plutôt encombrant comme oiseau domestique
imgp1642
Un condor au sol c’est tout de suite moins classe
imgp1649
Qui a osé dire que j’ai une tête de dindon ?

En rentrant de notre visite nous craquons pour une raclette andine, avec ingrédients locaux mais dans un resto français.

imgp1654

Le jour suivant ce festin nous reprenons encore le bus, pour Puno cette fois, sur les rives du lac Titicaca. 7h de trajet, avec un programme télé un peu mieux que les dernières fois, mais ça reste long. Nous arrivons en même temps que l’orage, alors que je m’attendais à un beau ciel bleu dans cette région. Heureusement le beau temps revient le lendemain. Nous visitons rapidement la ville, plutôt moche mais animée. La fête de Puno ayant lieu le 5 novembre, il y a beaucoup d’événements prévus. Nous assistons à l’arrivée d’une course : ils vont plus vite à 3800 mètres d’altitude que nous au niveau de la mer… Cette fois pas de visite du marché, j’ai eu ma dose de viande sanguinolente et d’odeurs de pourriture pour ce voyage ! En rejoignant le port du Lac Titicaca nous croisons une sorte de carnaval, avec des costumes magnifiques et des danses.

imgp1656imgp1657imgp1661imgp1666

Nous embarquons ensuite pour les îles flottantes d’Uros. Il faut avoir de la patience sur le lac, notre bateau n’avance pas très vite. Les îles reçoivent les touristes à tour de rôle, avec un rituel très semblable. Nous débarquons sur la notre, on nous accueille avec des chants, explications des traditions et de la construction des îles, grâce au roseau qui pousse sur le lac. On nous propose ensuite de visiter une des maisons, d’essayer des vêtements traditionnels, et bien sûr d’acheter de l’artisanat. Même si la visite est très touristique, on se sent bien dans le calme et la simplicité des îles Uros, et nous ne regrettons pas notre visite.

imgp1692imgp1693

imgp1700
Partout des panneaux photovoltaïques !

imgp1725

En repartant nous croisons une des îles qui sert de terrain de foot (même sur le lac le foot c’est important, c’est le Pérou que voulez-vous !). Mieux vaut éviter de laisser filer le ballon, car il n’y a aucune protection autour du terrain. Encore une fois l’orage arrive, mais nous offre au passage un superbe arc-en-ciel depuis le port.

imgp1738imgp1742

Le jour suivant nous allons visiter le site de Sillustani, un de mes coups de cœur du voyage, vraiment. On y trouve des « chullpas » (des tombes) des périodes pré-Inca et Inca, le tout sur une colline avec vue sur le lac Umayo. Un lieu très beau et très zen. Il y a pire comme endroit pour passer l’éternité !

imgp1757
Je retrouve les couleurs magnifique de l’Altiplano

imgp1773

imgp1786
La chullpa Inca la plus imposante avec ses 12 mètres de haut

imgp1790

imgp1816
Le lac Umayo

Sur le retour nous visitons une ferme traditionnelle où l’on nous propose une dégustation et des démonstrations de tissage. Pour une fois il y a surtout des chats, ça change des chiens, et je leur fais plein de photos.DSCF2022.jpg

De retour à Puno nous devons affronter une armée de petits monstres : c’est Halloween et ici ça ne rigole pas ! Tous les enfants en costume, et toutes les familles sont de sortie dans les rues du centre. Même au supermarché les caissiers sont déguisés, et pas qu’un peu ! C’est assez comique de voir le masque de Scream vérifier qu’on ne lui refile pas de faux-billets avant d’emballer les courses de ses clients.

Nous terminons notre voyage avec une petite journée tranquille. En allant vers le port nous croisons le pédalo de OSS117 (les fans comprendront) :

IMGP1870.jpg2661417802_small_1

Nous faisons une petite escapade à Chucuito, un village au Sud de Puno. Finalement peu d’intérêt comparé à la description du Routard, mais nous trouvons une avancée sur le lac où la vue est magnifique.

imgp1889

imgp1897
Le temple de la fertilité… tout est dit !

imgp1925

Le lendemain nous retournons en bus à Arequipa (encore 7h de bus, youpi on adore ça !), et ensuite trois avions pour enfin atterrir à Paris, 19 heures plus tard. Iberia et LAN nous ont encore montré leurs talents de ponctualité, mais traverser tout l’aéroport de Madrid en courant c’est bon pour le cardio après tout. Une fois à Paris un de nos bagages manquait à l’appel, heureusement il m’a été livré deux jours plus tard… avec trois de mes souvenirs cassés. Merci Iberia donc, il n’y a pas à dire ils ont assuré jusqu’au bout. Mais le principal c’est que nous sommes bien arrivés en France, où je termine cet article maintenant que les effets du jetlag sont passés. Cette fois c’est certain, c’est le dernier article, merci à tous ceux qui m’ont lue pendant ces 6 mois et demi, et merci pour vos commentaires, vos retours et vos encouragements. J’embarque pour une nouvelle aventure, moins photogénique mais pas forcément plus évidente : trouver un premier emploi… mais en France, ça suffit les voyages pour le moment. Comme le dit Orelsan :

« Au fond j’crois qu’la terre est ronde
Pour une seule bonne raison…
Après avoir fait l’tour du monde
Tout c’qu’on veut c’est être à la maison »

 

 

Voyage troisième partie : Cusco et Machu Picchu

Nous repartons de Huaraz en bus, direction Lima, avec encore 8 heures de trajet. En chemin nous longeons la côte de l’océan Pacifique, la route surplombe l’eau, je ne préfère pas imaginer une sortie de route à cet endroit.

imgp1153

Nous retrouvons l’agitation de la capitale, les bouchons, les klaxons, le ciel pollué et l’air lourd. Puisque notre avion pour Cusco n’est prévu que pour le lendemain, nous en profitons pour faire un tour dans le centre de Lima. Conclusion ? Comparé à Arequipa, zéro charme ! Le lendemain nous prenons notre avion pour Cusco (il nous aurait fallu 20 à 25 heures en bus…). La vue sur les Andes est magnifique. En approchant de notre destination la verdure se fait plus présente. Contraste total avec l’aridité des montagnes aperçues en vol.

imgp1164
Les montagnes à perte de vue, et pas une trace de verdure
imgp1177
Des sommets enneigés depuis l’avion

Nous devons grimper un peu à pied pour atteindre notre hôtel, et nous retrouvons la familière sensation d’essoufflement. Cusco est à 3400m, alors que nous étions au niveau de la mer quelques heures plus tôt. Nos premières impressions de la ville : beaucoup plus occidentalisée, toits en tuiles partout, des touristes à la pelle, on se sent nettement moins dépaysés. Le centre a beaucoup de charme, mais il faut supporter de se faire interpeller tous les 100 mètres. Ce n’est bien sûr pas la première fois que nous voyons ça, mais à Cusco ça devient carrément du harcèlement. Un coup c’est pour un restaurant, un coup un tour en bus panoramique, et très souvent on nous propose… un massage. Visiblement c’est une spécialité locale, et vu l’ampleur du phénomène, leur objectif secret doit être de masser tous les touristes de la ville !

imgp1187
La plaza de Armas de Cusco vue depuis la terrasse de notre hôtel
imgp1197
Un des nombreux balcons de la plaza de Armas

L’orage éclate dès notre première nuit sur place, et la pluie se fera présente un peu chaque jour par la suite. Nous comprenons pourquoi les environs sont si verdoyants.

Le lendemain nous continuons à explorer la ville, avec un petit tour au marché. Encore une fois le spectacle au rayon viande nous fait fuir. Les alpagas sont plus mignons vivants et avec la tête attachée au corps. Nous faisons une visite du musée du Machu Picchu, puisque notre départ pour ce site mythique approche…

Il nous faut d’abord atteindre Aguas Calientes, étape incontournable avant d’atteindre le site Inca le lendemain. Nous avons choisi de prendre un bus jusqu’à Ollantaytambo, et ensuite prendre le train jusqu’à Cusco (et ainsi économiser une partie du billet, très cher). En montant dans le train d’Inca Rail, l’aimable employé nous demande de revenir le voir. Nous commençons à craindre un problème avec nos billets, mais non. Il nous explique que nous avons été surclassés, par la magie de l’ordinateur. Un énorme coup de chance, nous voilà en première classe avec repas gastronomique. Le personnel est aux petits soins avec nous, nous savourons notre pisco sour, notre vin et notre truite. Nous avons du mal à croire à ce retournement de situation. Je n’ai jamais été surclassée de ma vie, et il faut que ça arrive dans le train du Machu Picchu, un des plus chers au kilomètre selon le Routard. Nous avons payé 100 euros aller-retour chacun, pour un trajet de 1h40 à un rythme d’escargot. Je n’imagine même pas le prix normal de la première classe…

imgp1210
Notre beau wagon de première classe, presque uniquement pour nous
imgp1221
Le luxe quand c’est gratuit, c’est encore mieux !

Le train bouge beaucoup, c’est un véritable numéro d’équilibriste que réalisent nos serveurs. Nous longeons la rivière, dans un paysage de plus en plus vert. Nous apercevons des lianes, des colibris, la jungle se rapproche (et les moustiques aussi).

Aguas Calientes est une petite ville récente, qui ne semble dépendre que du tourisme. On y trouve surtout des hôtels et des restaurants, et il s’en dégage une impression d’artificiel, comme dans un parc d’attraction. Dur de reconnaître que nous sommes encore au Pérou.

imgp1233
En arrivant à destination, le paysage n’a plus rien à voir avec les montagnes arides
imgp1238
Aguas Calientes, des hôtels et des plantes partout
imgp1245
La voie ferrée traverse la ville

Enfin le jour tant attendu arrive ! Nous prenons le bus pour monter au Machu Picchu dans la matinée. Pas de départ aux aurores pour nous, nous avons toute la journée pour visiter puisque nous dormons à Aguas Calientes. En arrivant sur le site nous prenons directement la direction des terrasses (donc ça grimpe sec !), et nous nous retrouvons rapidement face à la vue du site, la même que sur les cartes postales… mais pour de vrai ! Même en ayant déjà vu plein de photos avant, l’émerveillement est là.

imgp1279
Il n’y a pas à dire, c’est sacrément beau !

Nous poussons notre ballade vers le pont de l’Inca. Le sentier est étroit avec un large précipice au bord. Nous devons noter notre nom en entrant et prouver que nous sommes encore en vie au retour. Cette promenade nous permet de nous éloigner de la foule et de trouver un peu d’ombre. Au bout du chemin, le long de la falaise, le pont Inca. J’espère pour eux qu’ils n’avaient pas le vertige…

imgp1298
Il suffisait de retirer les planches en bois pour bloquer l’accès au site

Nous passons ensuite à la visite des ruines. Les gardes sont partout, prêts à siffler quiconque ne suit pas le sens de la visite du site. Ça ne rigole pas avec l’organisation, c’est bien la première fois au Pérou ! La visite nous épuise les jambes, et nous terminons notre après-midi par une longue pause face à la vue, alors que le site est quasiment vide.

imgp1370
Les restes du Temple du Soleil (oui comme dans Tintin)
imgp1400
Les terrasses pour les cultures, à monter ça fait les jambes !
imgp1346
Porte en construction antisismique d’époque
imgp1413
Au premier plan l’interminable « escalier » pour sortir du site

En revenant à Aguas Calientes nous avons une nouvelle surprise : coupure de courant pendant deux bonnes heures. Au Pérou la nuit tombe tôt, heureusement que nous avons une lampe frontale dans nos bagages. Un employé de l’hôtel nous prête une bougie, tout cela a l’air totalement normal pour lui. Je suppose que les coupures sont fréquentes dans la région, vu que beaucoup de commerces sont équipés de lampes de secours avec batteries.

Pour notre retour à Cusco, pas de première classe. Dommage, on s’habitue vite au luxe ! L’orage nous trouve sur la route, la pluie a provoqué un accident. Un minibus touristique semblable au notre a fini dans le décor. Par chance, notre chauffeur à nous a su nous ramener entiers.

Nous retrouvons un temps pluvieux, mais au moins nous avons laissé les moustiques derrière nous. Même en remettant du produit tout le temps, ils nous ont laissé quelques souvenirs. Mais le souvenir le plus impérissable reste celui de la visite de la cité Inca, heureusement !

Nous allons maintenant profiter du reste de la semaine à Cusco, avant de prendre la direction du lac Titicaca, dernière étape avant le retour à Arequipa puis en France.

Voyage deuxième partie : Huaraz

Après avoir pris l’avion entre Arequipa et Lima, on enchaîne avec 8h de bus jusqu’à Huaraz (pour faire 400km seulement), située entre la Cordillère Blanche et la Cordillère Noire. Heureusement les bus péruviens sont confortables, mais ça reste un peu long.

imgp0847
Décollage d’Arequipa, vue du ciel l’aridité saute aux yeux

Le lendemain matin nous découvrons la vue depuis la terrasse (où le petit déj est servi, tant qu’à faire). Les sommets de la cordillère Blanche semblent toucher le ciel, leur forme élancée les fait paraître encore plus hauts que tout ce que nous avons rencontré jusque là. Et pourtant nous sommes déjà à une altitude de 3050 mètres.

imgp0935
La vue depuis la terrasse de l’hôtel

Le premier jour nous entamons un tour dans le centre. Nous avions naïvement pensé que Huaraz serait plus calme qu’Arequipa, mais dès que nous quittons la rue de notre hôtel nous retrouvons les klaxons et les pétards… Visiblement le bruit fait partie intégrante du mode de vie péruvien, peu importe la taille de la ville. Le séisme de 1970 a détruit une grande partie de la ville ancienne, la Huaraz moderne manque de charme, et l’agitation est bien présente.

imgp0866
La plaza de Armas de Huaraz
imgp0868
Les alentours du marché, beaucoup d’agitation

Nous tentons une visite du marché, beaucoup plus confiné que celui d’Arequipa. L’odeur de la viande est insupportable. Exposée à l’air libre, avec quelques mouches posées dessus, ça nous coupe direct l’appétit. Je croise une tête de bœuf coupée sur un étalage, son œil mort semblant me regarder. Ecœurés nous nous échappons par le rayon poissonnerie, dont l’odeur n’est pas beaucoup plus agréable. Finalement une visite au marché au Pérou et on se sent l’envie de devenir végétarien ! Nous n’avons pas eu le loisir de prendre des photos cette fois, mais j’ai en stock le rayon boucherie du marché d’Arequipa, pour vous donner une idée…

imgp0635
La chaîne du froid, c’est quoi ?

Il est temps pour nous de commencer à marcher un peu, si nous sommes venus à Huaraz c’est avant tout pour les montagnes. Notre première petite promenade consiste à monter jusqu’à un point de vue au dessus de la ville, « juste » 200m de dénivelé, mais le souffle nous manque un peu. Toute la montée se fait en plein soleil, ça ajoute à la fatigue.

imgp0893
Huaraz vue de haut

Le jour suivant nous nous attaquons à une rando, départ 3200 pour arriver à 3700 à la la laguna de Wilcacocha, côté de la Cordillère Noire. Nous nous rendons au point de départ en combi, nous permettant ainsi d’économiser le taxi. Le sentier monte bien raide en plein soleil, même en grimpant doucement nous devons très souvent faire des pauses. Rien à voir avec toutes les randos que j’ai pu faire dans les Alpes. Il nous faut plus de 2h pour arriver en haut, exténués. En chemin nous traversons des villages, ou plutôt des regroupements d’habitations. Certains travaillent dans les champs, retournant la terre avec une charrue et des bœufs. D’autres s’occupent des moutons, des cochons. Nous croisons des poules, des ânes, et bien sûr plein de chiens qui font la sieste plus au moins au milieu du passage. Certains habitants montent le même chemin que nous, lourdement chargés, mais à un meilleur rythme que nous. Pourtant ils n’ont pas nos chaussures de rando. Nous avons le sentiment d’avoir changé de monde, et d’époque. Le lac en lui-même est une sorte de mare sans grand intérêt, mais nous profitons de la vue sur la Cordillère Blanche en face. Nous redescendons avec plus de facilité, mais le ciel se couvre. Ici c’est le début de la saison humide, et la pluie nous rattrape lorsque nous atteignons notre hôtel.

imgp0914fotoimgp0933

Nous traversons le même genre de villages en allant visiter les ruines de Wilcahuain (datant de l’empire Wari, donc avant la civilisation des Incas). A l’heure du déjeuner les enfants remontent jusqu’à leur maison, et nous nous retrouvons à faire le même chemin qu’eux. Le paysage est bien plus vert qu’à Arequipa. Les cactus et autres plantes grasses nous rappellent cependant que nous sommes bien dans des montagnes tropicales, même si le climat est doux.

imgp0963
Les « chullpas » qui servaient de tombes, toujours debout après plus d’un millénaire
imgp0981
Le village que nous avons traversé
imgp0951
Sortie de l’école pour les enfants du village

imgp0982

Notre prochaine excursion sera au Chavin de Huantar, un temple de la civilisation Chavin situé à 110km de Huaraz. Nous y allons avec un groupe, mais l’organisation laisse à désirer. A peine partis, on nous fait changer de bus. Nous sommes les seuls étrangers du groupe, à part un irlandais qui ne parle pas espagnol. Le reste du groupe est composé de familles péruviennes et de bonnes sœurs, pour une ambiance très locale. Dans l’ensemble ils sont très peu disciplinés, on pourrait croire un voyage scolaire. Si leur spontanéité fait chaud au cœur, je plains le guide qui essaie tant bien que mal de réunir tout ce petit monde.

Les chamans et les prêtres de la civilisation Chavin avaient une façon très particulière de légitimer leur pouvoir théocratique : ils réalisaient des « initiations » sur les chefs et responsables des régions voisines afin de les convaincre de la réalité de leur pouvoir. Pour cela ils leur administraient une drogue hallucinogène tirée des cactus San Pedro, avant de les faire descendre dans les labyrinthes souterrains du temple. Là, avec un savant jeu de sons et de lumières, ils leur faisaient croire que leurs dieux s’exprimaient, et les pauvres drogués pensaient vivre une expérience mystique. Pour ceux qui voudraient en savoir plus, je vous recommande ce documentaire d’Arte : https://www.youtube.com/watch?v=7920t9j9gwo

lac
Pause au lac Querococha sur la route
imgp1005
L’entrée du Chavin de Huantar
imgp1017
La seule cabeza clava encore en place

L’orage gronde lorsqu’on quitte le site, on trouve même de la grêle au-dessus de 4000m. Une partie de la montagne s’est éboulée sur la route, on passe de justesse. Le lendemain, il pleut de nouveau, je peux donc dire qu’il a davantage plu en une semaine à Huaraz qu’en 6 mois à Arequipa…

Notre dernière expédition n’est pas la plus reposante : direction la laguna Churup, beau lac turquoise situé à 4450m. Nous montons en combi jusqu’à Pitec (3900m), sur une piste cabossée. La rando débute avec une bonne montée et des marches par endroits, mais la vue est magnifique et nous sommes un peu mieux acclimatés qu’à notre arrivée. Cela dit ça reste très fatiguant, nous devons nous arrêter pour reprendre notre souffle régulièrement. J’ai l’impression d’être devenue vieille. Les 100 derniers mètres de dénivelé sont quasiment verticaux. Il nous faut escalader la paroi mouillée (le ruisseau passe plus ou moins au même endroit que nous), heureusement équipée de câbles. Après ce dernier effort, nous arrivons au lac, après 2h30 de lutte (juste pour 550m de dénivelé…) Le ciel est voilé, mais ça reste magnifique. Le sommet enneigé se reflète dans l’eau turquoise, ça valait la peine de souffrir !

imgp1030
Le début de l’ascension
vue
La vue depuis le début du sentier
hdr1
La laguna Churup vue de haut (donc encore plus de grimpette)

hdr2smallimgp1120

La descente n’est pas non plus de tout repos, surtout les passages avec les câbles !

imgp1127
Et encore ça rend beaucoup moins penché en photo…

Finalement nous arrivons entiers en bas, le combi pour rentrer nous attend. Sur le retour nous faisons connaissance avec deux français de notre âge, eux aussi tout juste sortis d’école d’ingénieurs, et nous récupérons nos forces tous ensemble avec des pizzas bien méritées.

Notre prochaine étape sera Cusco, avec bien sûr la visite du Machu Picchu, je devrais donc avoir plein de photos à vous montrer et d’anecdotes à vous raconter ! Déjà que cet article était long, je vous plains pour le suivant 😉

Voyage première partie : Arequipa

Finalement mon copain ayant emmené son ordinateur pour le voyage, je me suis dis que je pourrais continuer le blog et partager nos découvertes touristiques avec vous.

Nous avons commencé par passer quelques jours à Arequipa. Nous avons participé à un « workshop » sur le chocolat, dans la boutique Chaqchao, spécialiste en chocolat bio sous toutes ses formes (à croquer ou à boire). On nous a expliqué l’origine culturelle du chocolat, depuis la boisson Xocolatl des Aztèques (que nous avons fabriquée et goûtée) jusqu’à celui que l’on consomme de nos jours. Nous avons appris à différencier le vrai chocolat (cacao, beurre de cacao et sucre) du faux chocolat industriel, grâce à la liste des ingrédients mais également par le goût (avec une dégustation bien sûr). Nous avons participé aux différentes étapes de la confection du chocolat : le tri des fèves de cacao, leur épluchage, les réduire en poudre très fine à la main… et finalement fabriquer nos propres chocolats avec des parfums parfois surprenants : quinoa, piment, sel… ou plus classiquement des noix, grains de café, noix de coco, banane séchée… En réalité réaliser le chocolat de A à Z nous aurait pris une bonne semaine et bien plus de prises de tête, certaines étapes ont été réalisés en avance par les pros. C’était cependant très instructif, indispensable pour les passionnés de chocolat que nous sommes.

workshop

Nous avons ensuite pris la direction du Cañón del Colca pour un tour de deux jours en groupe. Ambiance très touristique, un peu trop à notre goût, mais nous n’avions pas le temps de trouver une excursion plus authentique. Sur la route nous nous arrêtons pour admirer les vicuñas, puis des lamas et alpagas qui se laissent approcher avec indifférence par une horde de touristes. Autre arrêt au Mirador de los Volcanes, à 4900 mètres d’altitude, donc plus haut que le Mont Blanc. Pourtant ici, à cette altitude, pas de neige, et une route fréquentée par de nombreux bus touristiques. Le guide nous fait mâcher des feuilles de Coca. Je m’attendais à ce que ce soit vraiment mauvais comparé au maté, mais finalement ce n’est pas si terrible.

imgp0665
Un adorable alpaga tout doux
imgp0668
Un lama contrarié à plumeaux
imgp0677
Un troupeau de touristes au milieu d’un troupeau d’animaux locaux
imgp0690
Le mirador de los volcanes, ça manque un peu d’herbe…

Après un déjeuner très attrape-touristes à Chivay, nous allons nous prélasser dans les sources chaudes. L’eau chauffée par les volcans se déverse dans des bassins en pierre, chacun à une température différente. Certains sont presque trop chauds pour pouvoir y rester. Après 6 mois sans avoir pris un seul bain et avec des douches pas toujours chaudes, c’est un vrai régal pour moi. Le soir nous avons encore droit à un dîner très touristique avec spectacle qui ne nous enthousiasme pas tellement.

Le deuxième jour départ à 6h20 pour aller admirer le vol des condors au-dessus du canyon. Décidément les vacances me fatiguent encore plus que le travail, mais les condors ne volent qu’entre 8h30 et 10h, et nous devons atteindre le point de vue de la Cruz del Condor pour les voir. Les habitants de la vallée du Colca vendent leur artisanat à tous les endroits de pause des minibus touristiques. Puisque tout le monde passe au même endroit en même temps, la routine est bien établie. La route devient une piste, avec à gauche la falaise qui menace de s’ébouler, et à droite le vide, de plus en plus profond.

Nous arrivons enfin à la Cruz del Condor, où les touristes sont déjà au rendez-vous, certains avec des téléobjectifs de compétition. Pour une fois on nous laisse notre liberté, nous en profitons pour trouver un bon point de vue pas trop peuplé et attendre les condors. Ils arrivent et volent si près de nous qu’un objectif normal suffit amplement pour les prendre en photo. Les plus grands de ces charognards atteignent 3m20 d’envergure, c’est le deuxième plus grand oiseau du monde après l’albatros.

imgp0712
Vente d’artisanat à tous les points de passage des touristes
imgp0720
Vue sur le canyon, pas son point le plus profond mais déjà très impressionnant
imgp0757
Enfin nous pouvons admirer les condors en vol

imgp0777imgp0790

imgp0820
La paroi du canyon plonge presque à pic jusqu’à la rivière
imgp0839
La naissance du canyon, avec les fameuses cultures en terrasse

En rentrant il nous faut préparer nos affaires et ranger l’appartement puisque nous allons quitter Arequipa pour Huaraz, au cœur de la Cordillère Blanche ! La suite au prochain épisode…

Dernier article (probablement)

Le stage c’est un peu comme un marathon, c’est le dernier kilomètre le plus dur. Je pensais pouvoir profiter tranquillement des deux dernières semaines, mes collègues m’ont organisé une chouette soirée, tout allait pour le mieux. Et puis le lendemain de cette sortie, j’ai commencé à sentir les prémisses d’une sorte de grippe qui m’a bien assommée la moitié de la semaine. Il faut croire que rentrer à 5h du mat, ce n’est plus de mon âge. En tout cas une nouvelle preuve est faite de l’efficacité des microbes péruviens sur les étrangers. Et je sais désormais qu’il est permis de fumer en boîte au Pérou, sur ce point la France m’a bien manqué.

Dans une semaine je passerai du statut d’étudiante à celui de chômeuse, mes candidatures n’ayant pas abouti jusque-là. J’avais pourtant décroché un entretien, mais il a été annulé car je ne pouvais pas revenir pour le deuxième en octobre. Mon retour sera donc le début d’une nouvelle aventure, la recherche d’un premier emploi. Mais avant ça je vais voyager un mois au Pérou avec mon copain, une aventure bien plus amusante que d’envoyer des CV.

J’ai encore des petites anecdotes de la vie péruvienne en stock.

L’autre jour en prenant le bus, alors qu’on était coincés dans les bouchons du matin, je regardais distraitement le camion Coca Cola à côté de nous. Ce genre de camion pour livrer les boissons est ouvert sur les deux côtés et rempli de caisses de sodas empilées plus ou moins correctement. Au sommet de cette pile un peu instable, je vois un mec en bleu de travail, allongé tranquillement en train de lire le journal. Il se retrouve bien à 3 mètres du sol,  en plein trafic, sans se soucier un seul instant d’un virage un peu sec qui pourrait l’envoyer valser sur un bus ou sur un taxi. La sécurité au travail, ce n’est pas vraiment la mode locale.

J’ai également oublié de vous raconter la frayeur que j’ai eue avec un taxi il y a quelques mois. Pour vous donner le contexte, voici la mise en garde du Ministère des Affaires étrangères sur le site Conseils aux Voyageurs : « Le phénomène des « faux taxis » s’est particulièrement développé à Arequipa, où plusieurs « enlèvements express » de touristes ont déjà eu lieu. Il faut donc choisir les compagnies de taxis connues des agences de voyage et des hôtels ou au sein de la gare routière et ne pas les choisir dans la rue ». Il est vrai qu’ils sont en général très alarmistes, mais tout de même, ça ne rassure pas. Un soir, après un repas avec deux amies, je suis rentrée plus tard que prévue, à l’heure où il ne reste que le taxi comme moyen de transport. Les bus arrêtent de circuler vers 21h30-22h, et rentrer chez soi à pied, ce n’est pas la solution la plus sûre pour rentrer entier. Mes deux amies interpellent un taxi, je monte dedans, elles me disent de leur écrire un message en arrivant pour les rassurer. Le taxi commence à discuter, il me demande d’où je viens, puis où est mon copain. Passons sur l’indiscrétion totale de la question, après tout ici les gens sont très directs. Quand je lui explique qu’il est en France, il me répond « je me disais aussi qu’une jolie fille comme toi ne doit pas être seule ». Bon le genre de truc qui me donne envie de répliquer que je ne lui demande pas son avis, mais je suis coincée dans sa voiture, alors autant rester polie. C’est alors qu’il ajoute « Quand tu arriveras n’oublie pas d’écrire à tes deux copines, sinon elles vont penser que je t’ai séquestrée ». Ha ha qu’est ce qu’on rigole, je commence à flipper d’être tombée sur un psychopathe. Et là, je réalise que je ne reconnais pas du tout où on est. Je sais qu’on est dans la direction de mon quartier, mais bien plus haut, et sur une route que je ne connais pas. Je commence à me faire des films, on va retrouver mon cadavre sur le bas-côté le lendemain matin. Au bout d’un moment, voyant que vraiment on n’arrive pas chez moi, je lui demande où on est. Il m’explique qu’on est à côté d’une place que je sais être dans mon quartier, mais plus haut. Je lui réponds que je ne connais pas du tout cette place, que je ne connais qu’un seul chemin pour aller chez moi, en passant par l’avenue. Il s’excuse, me dit qu’il pensait que j’allais reconnaître, pas de soucis on va redescendre vers l’avenue. Finalement je suis arrivée chez moi, mais on a bien du faire le double de distance. Je ne sais pas s’il a idée de tout ce qui m’est passé par la tête pendant le trajet ! C’est l’unique fois où j’ai pris un taxi seule, toutes les autres fois j’étais accompagnée, c’est tout de même plus rassurant.

Je pense que cet article sera probablement le dernier sur le blog, une fois en voyage je n’aurai plus d’ordinateur, et pas beaucoup de temps pour écrire. Même s’il me reste encore plus d’un mois dans ce pays, je commence à penser à ce qui va me manquer et ce qu’il sera bon de laisser derrière moi.

Dans la liste de ce qui ne va pas me manquer :

  • Les tremblements de terre, j’ai eu ma dose, les réveils en pleine nuit ne me manqueront pas.
  • Les chiens (errants ou pas) partout, je sais que c’est mal vu de dire ça ici, mais bon sang je n’aime pas les chiens et j’en croise une demie-douzaine chaque jour. En plus ça aboie ces bêtes-là, très peu pour moi.
  • Le bruit, entre les chiens, les klaxons, les feux d’artifice et pétards à toute heure du jour et de la nuit, le camion des poubelles qui joue la Lettre à Elise 3 fois par semaine à 7-8h du mat’ (dans le centre c’est « Sous l’Océan » du dessin animé la Petite Sirène,  chaque quartier a sa musique)… Je ne pourrai plus jamais écouter cette musique sereinement. Et les alarmes de voiture, je ne sais pas qui est le sadique qui a conçu cet enchaînement de sons, c’est interminable. Je vous ai trouvé une vidéo pour que vous compreniez ma douleur : https://www.youtube.com/watch?v=SFjdSW1FCt8
  • Les odeurs d’échappement, j’en ai marre d’avoir l’impression de perdre mes poumons chaque fois que je remonte l’avenue à pieds.
  • L’absence de papier toilette (et de savon d’ailleurs)…
  • La douche pas toujours chaude/avec un débit très variable. C’est vrai que je n’ai pas dépensé d’énergies fossiles pour me laver, mais le côté aléatoire de la douche c’est bien embêtant certains jours.
  • Les coupures d’eau/électricité/internet, surtout l’eau d’ailleurs.
  • La publicité géante partout, même si la France n’est pas non plus un exemple pour ça, il y a un minimum de régulation. Ici mon avenue ressemble à ça :
pubs
Capture de Google Maps pour que vous puissiez vous faire une idée…

Vous allez pensez que je ne sais que me plaindre, mais il y a aussi beaucoup de choses qui vont me manquer, à savoir :

  • Les gâteaux, ce sont parmi les meilleurs que j’ai goûtés dans ma vie, si je pouvais j’emporterais un container avec moi. Ou sinon on importe Capriccio en France, pour remplacer les Starbucks.
  • Le pain (oui c’est une française qui dit ça), il y en a de toutes les sortes et pour pas cher du tout, et ils sont super bons.
  • Me sentir grande.
  • Voir des femmes allaiter dans le bus sans que ça ne choque personne.
  • N’avoir qu’une seule bise à faire, et toujours du même côté. En France c’est deux, trois ou quatre, et on ne commence pas du même côté selon les régions, quel casse-tête ! J’en profite pour vous partager cette vidéo hilarante d’un anglais qui ne supporte pas de faire « la bise » : https://www.youtube.com/watch?v=T-VWbV6TJxU
  • Pouvoir prendre le bus n’importe où, et en descendre où on veut. J’adorerais pouvoir arrêter un bus français entre deux arrêts d’un signe de la main, ou bien lui dire « je descends au coin de la rue ».
  • Enfin ce qui va me manquer plus que tout, même plus que les gâteaux, c’est le soleil. Il n’a plu que deux fois depuis que je suis là, je ne regarde jamais la météo, de toutes façons il fait toujours beau, toujours la même température. Retrouver la grisaille de la Normandie, en novembre, ça va faire un choc !

J’espère que vous avez apprécié ce blog, j’ai fait au mieux pour vous partager mon ressenti, sûrement différent de l’avis de personnes visitant le pays uniquement comme touristes. J’ai essayé d’être honnête, autant dans les points positifs que négatifs, pour donner une vision réaliste du Pérou, ou du moins de ce que j’en ai vu. Après tout je ne peux décrire que ma réalité. Si j’arrive à trouver le temps, je partagerai quelques photos durant le voyage, sinon ce sera à mon retour.

 

Les produits importés c’est pour les riches

Aujourd’hui à la caisse du supermarché, je suis tombée sur des bouteilles d’Evian. C’est bien la peine d’aller jusque dans les Andes pour retrouver l’eau des Alpes ! Mais surtout, le prix est affolant. Ici une petite bouteille d’eau coûte entre 1 et 2 soles, tandis que notre chère Evian est à 7 soles. Et ils n’ont même pas la vraie bouteille avec les montagnes en relief.

img_20160917_173218

En général les produits importés sont plus chers, ou plutôt disons qu’ils sont au prix que l’on connait en France, sauf que le niveau de vie n’est pas le même. Parfois l’emballage change pour une version moins solide, et une contenance moindre, mais au même prix. En gros la version chic du produit, ce n’est pas pour le Pérou. La palme (comme l’huile) revient au Nutella. J’ai vu un pot de 350 grammes, donc vraiment pas gros, à 28 soles, soit 7€50. A ce prix là autant se faire des tartines de saumon fumé…

A côté de ça les légumes ne coûtent rien, le pain non plus, donc merci l’industrie mais on se passera de vous pour cette fois.

La fin du stage est proche

J’ai délaissé le blog le temps de m’occuper de la validation mon stage, à savoir rendre mon rapport et passer ma soutenance.

C’était un peu un parcours du combattant, puisque mon tuteur école et mon tuteur entreprise (à savoir mon chef) ont tenté un concours de celui qui m’aiderait le moins. Le prof a réussi à faire le mort face à mes mails pendant des semaines ; mon chef lui a réussi à oublier ma soutenance, et programmer un voyage à Lima à la place. Ce fut donc une soutenance sous forme de conversation multiple sur Skype, chacun dans un endroit différent. Le professeur s’est connecté avec 20 minutes de retard, mais ça n’égale pas la performance de mon chef qui a trouvé le moyen de répondre à son téléphone durant ma présentation, en me demandant de bien vouloir faire une pause…

Malgré cet encadrement assez aléatoire, ils ont été contents de mon travail, et je n’ai plus qu’à attendre le jour de la remise des diplômes pour dire que je suis officiellement ingénieure ! Avec un rapport rédigé en français et une soutenance défendue en anglais pour un travail réalisé en espagnol, je mérite bien ça non ?

Maintenant il s’agit de tenir les deux dernières semaines avant de pouvoir profiter d’un repos bien mérité. Deux semaines à supporter les délires de mon chef. Je n’ai pas encore vraiment parlé de lui sur ce blog, pourtant il vaut le détour… ou plutôt un détour pour ne jamais avoir à travailler avec lui !

1866ht70k6gukjpg

Passons sur la fois où il a voulu me faire rattraper les jours où j’étais malade puis qu’il a tenté de me retirer une partie de ma paye, ce n’est qu’un aspect du personnage.

Il nous envoie des mails à 3 heures du matin pour nous demander notre avis sur une nouvelle idée. Un exemple ? Une vidéo où des mecs un peu fous s’amusent à brûler des objets grâce à l’énergie solaire, comme avec une loupe géante. Sauf que ça prend feu très vite et très fort. Il se disait que ce serait une bonne idée de faire ce type de démonstration dans notre future boutique. Personnellement je pense que l’on peut directement y mettre le feu, on économisera du temps pour le même résultat. D’ailleurs cette idée de faire une « boutique » dans nos bureaux, il nous en parle depuis des mois. Cela a commencé par une réunion où il avait annoncé que nous avions une semaine pour la mettre en place. Une longue semaine puisque cette boutique n’a toujours pas vu le jour. Et ce n’est qu’un exemple de la longue liste des projets sans suite dans cette entreprise.

Pour mon travail c’est la même chose, il me demande soudain de faire des recherches sur un thème, de préparer une présentation, et je n’ai jamais l’occasion de la faire. Il aime également m’envoyer des mails du style « lis ça et explique moi », ou « est-ce-que cette information est utile pour nous ? », comme si son temps était trop précieux pour se permettre de lire ou réfléchir deux minutes. Il est tellement épuisant que la moitié de l’équipe a changé depuis mon arrivée.

Le seul avantage de cette situation, c’est que ça m’a confrontée plusieurs fois à cette situation de dire « non » à son chef. Déjà ça forge le caractère, c’est important de se faire respecter… et qu’est-ce que ça fait du bien !

Je reviendrai très vite avec quelques anecdotes péruviennes 😉

Tremblements de terre : le retour

Cette semaine c’était un peu Sismic-Land à Arequipa. Suite à mon dernier article, on a encore eu droit à deux autres bonnes séances de secousses, soit trois en une semaine…

Le premier tremblement de terre est arrivé le matin, juste avant de partir au travail, au moins ça a le mérite de donner un petit coup de boost pour la journée. Le deuxième a été particulièrement désagréable, il m’a réveillée brutalement à 5h du matin vendredi. Je crois que je n’avais pas encore eu de secousses aussi fortes, c’était la première fois que j’en arrivais à sortir de mon lit pour me mettre à l’abri.

Finalement la fin du monde n’était pas encore là, je suis donc retournée me coucher… et là impossible de me rendormir. En même temps enchaîner une poussée d’adrénaline de niveau « au secours c’est la catastrophe qui arrive » avec un état de « non c’est bon en fait on peut se rendormir », ça ne fonctionne pas. J’ai donc passé le reste de ma nuit persuadée à chaque petit bruit que c’était le retour des « temblores ».

Je suis devenue légèrement parano, j’ai toujours l’impression que ça va recommencer, espérons que la Pachamama se calme un peu.

Pour ceux qui se demandent comment c’est un tremblement de terre à vivre, j’ai trouvé une bonne comparaison l’autre jour en prenant le bus : imaginez un véhicule bien vétuste qui tombe en ruine, que vous faites rouler sur une piste pleine de trous, avec accélérations et freinages brutaux. Vous avez une bonne idée des secousses, et du bruit, façon vitres qui tremblent et murs qui vont lâcher.

Pour terminer sur une note d’humour, c’est peut-être ça l’explication :

episode-00569-tremblements-de-terre-2eme-theorie.png

Il serait temps qu’il trouve le monde silencieux…

Couchsurfing et tremblements de terre

Aujourd’hui, toujours grâce à Couchsurfing, j’ai fait la connaissance d’un français. Oui je me plains que mes compatriotes sont un peu trop présents dans le centre en ce moment, et après ça je me promène avec eux. Mais là ce n’est pas pareil, il fait de l’escalade, et comme les grimpeurs sont des gens sympas, j’ai fait une exception (et parler français me manque un petit peu aussi, je dois admettre).

Ce qui m’a intéressée, à part le fait qu’il soit fort sympathique bien sûr, c’est qu’il logeait dans un hostal avec des artisans et artistes de rue, c’est-à-dire ceux qui fabriquent et vendent des bijoux dans la rue, qui jonglent, vendent des pâtisseries, etc… Eux, ils connaissent tous les bons plans pour manger pas cher, se loger pas cher, et plein d’astuces un peu moins légales aussi. Mon compagnon de ce dimanche m’expliquait que grâce à eux, il découvrait la ville d’une toute autre façon, et nous nous sommes dit que même si nous visitons le même endroit, nous n’en voyons pas les mêmes aspects. On pourrait presque dire que l’on connait deux lieux totalement différents.

Je m’en rends compte au fil des rencontres que je fais ici, et des visites de mes proches également. Il y a en qui cherchent la vie locale, à déjeuner dans la rue, et d’autres veulent faire les touristes dans des lieux branchés. Certains viennent pour les montagnes et la nature, d’autres au contraire pour les monuments et les musées. J’en ai vu qui viennent juste pour faire la fête, et des plus calmes pour écrire un livre, des articles de voyage, développer un jeu vidéo (j’ai des voisins studieux). Et moi dans tout ça je suis venue pour travailler, j’ai un mode de vie très sédentaire ici pour le moment !

On s’est donc arrêtés à l’hostal pour partager quelques bières avec eux, et je peux maintenant dire que je sais ce que fait le mec qui vend des bracelets dans la rue quand il n’est pas dehors : il encourage l’Argentine en finale du tennis aux JO ! Plus sérieusement j’apprécie toujours de rentrer dans un monde qui n’est pas le mien pour partager de bons moments, et rencontrer des gens qui n’auraient jamais croisé ma route autrement.

Juste après avoir terminé de rédiger cet article, j’ai eu droit à de bonnes secousses sismiques, pour la huitième fois depuis que je suis ici, si je ne perds pas le compte. Certaines n’étaient que de petites secousses très courtes, mais ce tremblement de terre était d’un niveau supérieur, le plus fort que j’ai eu jusque là (après vérification, magnitude 5.2).

a0410_00004i03.png
Pour vous donner une petite idée… 

Pour ceux qui regrettent de ne pas avoir connu cette expérience dans leur vie, je vous propose des petites anecdotes pour vivre les « temblores » par procuration.

Mon baptême, c’était des secousses qui m’ont réveillée en pleine nuit, et j’étais dans un état de demi-sommeil à me demander pourquoi j’avais l’impression que mon lit bougeait. J’ai même pensé que j’avais du le rêver, grâce à la page de institut géophysique du Pérou, j’ai su ensuite que non.

D’autres m’ont réveillée (on ne peut pas dormir tranquillement dans ce pays), parfois juste quelques déplacements du lit, et un plus fort où j’entendais les murs trembler. Il faut dire que je loge tout en haut de notre maison, et ça se ressent d’autant plus.

Un petit est arrivé un jour où je cuisinais, je n’ai rien senti au niveau du sol, mais les casseroles se sont mises à s’entrechoquer, et j’étais totalement sidérée par ce spectacle d’objets s’animant tout seuls. Un des derniers en date, au travail, un tout petit, n’a provoqué qu’une remarque blasée de mon collègue dans l’indifférence générale : « tiens une secousse ». C’est vrai qu’à force, on s’habitue…

Autant quand ils sont tout petits, c’est presque drôle, autant quand le bruit des murs qui tremblent devient fort, et les secousses plus violentes, c’est nettement moins rigolo… Mais bon il semble que le « big one » ce n’était pas pour ce soir, et on va dire pour se rassurer que ce n’était qu’un clin d’œil de la nature à Arequipa, qui fête demain son 476e anniversaire.